Google Glass : « Gadget pour geek, phénomène de mode ou nouvelle ère numérique ? »

En France, six personnes sur dix portent des lunettes. Mais imaginez une société où chaque personne porterait des lunettes et pas seulement celles qui ont des problèmes de vue. Des lunettes qui remplaceraient votre smartphone ou votre notebook. Ces lunettes s’appellent les Google Glass : des lunettes High Tech offrant une réalité augmentée. La firme Google les a dévoilées à la dernière conférence I/O (conférence annuelle de deux jours, organisée par Google au Moscone Center de San Francisco en Californie) qui rassemble annuellement des milliers de développeurs à San Francisco.

Un grand bouleversement technologique est donc en marche, mais de quelle manière ce nouvel accessoire peut-il changer notre perception de la réalité ?

Qu’est-ce que c’est ?

Le 5 avril 2012, le co-fondateur de Google, Sergey Brin est vu pour la première fois avec un prototype de Google Glass lors d’un événement organisé par la Foundation Fighting Blindness à San Francisco. Cette apparition annonce leur entrée en phase de test. Le 23 mai il est l’invité de l’émission The Gavin Newsroom Show, ce qui lui permet de faire essayer les lunettes au lieutenant-gouverneur Gavin Newsom. Mais c’est à l’occasion de la conférence I/O le 27 Juin que les lunettes sont dévoilées. Bien plus que la simple présentation d’un nouveau produit, Sergey Brin annonce une nouvelle ère : avant, pour être connecté, il fallait obligatoirement avoir la tête rivée sur un écran que nous tenions dans les mains et donc nous négligions la “vie réelle”. Aujourd’hui les lunettes à réalité augmentée permettent de rester connecté 24h/24 tout en laissant nos mains libres, et permettent de regarder devant soi. En somme, grâce aux lunettes nous pouvons vivre toutes les expériences possibles et imaginables. Plus besoin de choisir entre le monde réel et le monde virtuel : c’est le principe de la réalité augmentée.

D’abord créés par la société Minolta (fabricant d’appareils photos Japonais), les lunettes à réalité augmentée sont aujourd’hui un projet issu du « Google x lab » (laboratoire en robotique et intelligence artificielle dirigé par Sergey Brin, l’un des deux fondateurs de Google).

Project Glass, ou littéralement le « projet lunette », lancé en 2010 par Google, a pour ambition de supprimer les marqueurs couramment utilisés pour nous immerger dans un environnement virtuel, tels qu’une webcam ou encore un téléphone portable.

Plus simplement, nous pouvons définir la Google Glass comme une paire de lunettes connectées à Internet et qui a les mêmes fonctionnalités qu’un smartphone. Ainsi, nous pouvons avoir une information rapidement sans avoir à sortir notre téléphone. À partir de la commande vocale, on peut demander aux lunettes de nous dire l’heure, de traduire des mots en langue étrangère, de nous indiquer un itinéraire, de téléphoner à notre mère, ou encore de prendre une photo ou une vidéo. Il suffit de dire “Ok Glass take picture” (“Ok lunette, prends une photo” en français) pour qu’elles prennent une photo. Notons que pour le moment seule la langue anglaise est reconnue par le programme. En plus d’être commandée par la voix, la Google Glass peut aussi l’être avec la gestuelle, en utilisant le pavé tactile. Pour cliquer, rien de plus simple : une inclinaison de tête permet de le faire.

http://www.dailymotion.com/video/x15cyxx

Depuis leur lancement, la Google Glass ne cesse de faire parler d’elle à travers des coups marketing. Le 20 février 2013, par exemple, la firme a recruté des volontaires pour tester l’objet mais aussi les faire tester par un certain nombre de gens pouvant faire grandir le phénomène partout dans le monde.

À l’heure actuelle, les lunettes sont reliées à notre téléphone grâce au Bluetooth. Elles sont conçues avec un seul verre (à l’oeil droit) qui est plus précisément un cube d’1 cm de côté dans lequel y est logé un écran. Ce dernier renvoie une image haute définition correspondant à un écran d’ordinateur situé à 50 cm des yeux.

Elles intègrent :

  • un processeur,
  • une carte mémoire,
  • un appareil photo/camera,
  • un haut parleur,
  • 2 microphones,
  • une antenne Wifi,
  • une connexion bluetooth,
  • un accèléromètre,
  • un gyroscope,
  • un compas,
  • un track pad

 glass

 David Bernard décrit l’aspect technique des lunettes ainsi “À l’arrière, la batterie de Google Glass représente environ le tiers du poids de celle d’un portable, pour une autonomie estimée de 1h à 2h en action, selon le type de commandes utilisées. Le module de transmission osseuse, apposé au crâne, permet de profiter du son en toute clarté, sans le moindre écouteur sur les oreilles. Google Glass renferme également 16Go de mémoire Flash, un capteur photo / vidéo de 5 mégapixels, un petit écran de projection et un port micro-USB pour se recharger.

Quels effets dans notre vie quotidienne ?

Les lunettes ne sont pas encore sorties officiellement dans le commerce, mais quelques chanceux ont pu les tester avant le reste du monde et les expériences sont partagées. Les lunettes apparaissent à la fois comme un outil de communication unique et révolutionnaire, mais aussi comme une plateforme parfois trop intrusive dans la vie quotidienne de ses utilisateurs. Les lunettes Google nous enlèveraient toute notion de vie privée ? La possibilité de tout partager en temps réel et de manière bien plus pratique et rapide qu’avec un téléphone rend la diffusion spontanée et non réfléchie de certaines informations dangereuse : on se souviendra de l’anecdote qui dit que pendant une conférence sur la Google Glass, une femme en étant équipée a partagé sur Twitter une photo d’une personne accompagnée d’un commentaire désobligeant, ce dernier se retrouvant bientôt renvoyé car reconnu par son employeur.

Des “YouTubers” américains (Smosh) ont décidé de mettre en scène ces inconvénients à travers une vidéo parodique d’un utilisateur lambda de la Google Glass :

En s’appuyant toujours sur cette parodie, on observe au contraire la praticité et les qualités informationnelles de l’outil en matière de recherche en temps réel.

De la même manière, on remarque le potentiel créatif qu’offre la technologie. En effet, il est possible d’enregistrer des vidéos à la première personne, ce qui donne l’impression au public visionnant le produit fini d’être à la place de l’auteur et lui donne une place à part entière dans le processus de production et de visualisation.

Cette vidéo illustre également le potentiel humoristique dans la création en exagérant les critiques que l’on peut faire de l’objet.

A l’inverse, les lunettes Google promettent des fonctionnalités originales, pratiques et innovantes  lorsque l’on sait apprivoiser l’objet.

On peut citer comme exemple les études qui sont actuellement lancées pour l’utilisation de la Google Glass dans les blocs opératoires. Consulter des radios des patients, filmer le procédure opératoire pour la réutiliser dans un cadre de formation, demander conseils à des confrères peuvent incarner l’utilité des lunettes dans ce contexte.

L’infomag en ligne Ingésup en fait part dans son septième numéro, paru le 21 novembre 2013 :

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=kEdYLGehb1Q

L’apparition de la Google Glass sur le marché des nouvelles technologies pose les mêmes questions qu’ont introduit l’apparition des réseaux sociaux comme Facebook. En effet, l’espionnage des personnes sur les réseaux sociaux et les problèmes de licenciement suite à un tel espionnage n’est pas récent (à l’échelle de l’évolution des technologie numériques). Or, on peut d’ores déjà constater que ce genre de débat n’a pas fait disparaître Facebook. On peut donc imaginer que les lunettes n’ont rien à craindre pour leur popularité, surtout quand on note l’engouement qu’elles engendrent auprès des testeurs sur Internet.

Mais les lunettes ne sont pas le seul objet que l’on transforme en outil de réalité augmentée. En effet, Sony, entreprise japonaise d’électronique, a lancé récemment la SmartWatch : montre numérique liée à un smartphone, qui permet l’utilisation de certaines fonctionnalités du téléphone telles que la consultation de ses mails, l’accès Twitter ou l’utilisation d’un chronomètre, tout cela sans avoir à sortir son téléphone de sa poche. On peut par conséquent se demander si nous n’entrons pas dans une ère de virtualisation et électronisation des objets du quotidien et donc une modification radicale de notre manière de vivre et de partager des informations.


Le titre de l’article reprend une citation de l’article de  Christophe Séfrin, “Des nouveautés par “poignets””, in 20 Minutes, 22 Novembre 2013

Sources

Articles

Sites

 Vidéos

 

Marie-Noëlle Bondois
Cassandre Weihoff

Une réflexion au sujet de « Google Glass : « Gadget pour geek, phénomène de mode ou nouvelle ère numérique ? » »

  1. Ping : Qu’est-ce que c’est? | La révolution Google Glass

Les commentaires sont fermés.