L’index sait-il qui est l’amour de ma vie ?

Trouver son âme soeur n’est pas chose aisée. Et si vous ne savez pas par où commencez, il y a une application pour çà !

En effet, les applications et sites de rencontres amoureuses sont depuis quelques années maintenant un lieu quasi-inévitable pour quiconque souhaite rompre la solitude. Que celui ou celle qui n’a jamais entendu parler de Meetic.fr, Adopteunmec.com ou Tinder.fr lève le doigt ! Avec une communication intensive (affichage, télévision) et profitant d’un bouche-à-oreille efficace, ces sites font désormais figures de leaders dans un large paysage où se côtoient jusqu’à 2000 sites pour environ 18 millions de célibataires français.

Internet et les réseaux sociaux seraient donc devenus la porte de salut des célibataires, et une éventuelle porte de sortie pour les insatisfaits. Personne n’a attendu d’avoir un smartphone pour trouver chaussure à son pied mais il faut reconnaître que les pratiques évoluent. L’utilisation des sites et applications de rencontres se sont banalisées et séduisent des millions d’utilisateurs : hommes et femmes, jeunes et moins jeunes. Il y a aujourd’hui 4 français sur 10 qui se sont déjà enregistrés sur un site de rencontres en ligne. L’industrie de la rencontre amoureuse est donc un marché encore en plein essor. Et loin de s’essouffler, pour preuve l’entrée en Bourse récente de Tinder (non, il n’y a pas de jeu de mot dans cette phrase).

Infographie « Les français et les sites de rencontres » :(Source cam4/IFOP):
http://www.ifop.com/media/poll/3045-1-annexe_file.pdf

Sites de rencontres : ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants

Les jeunes générations ont eu cette chance de ne pas avoir connu le Minitel ou les salons de chat. A cette époque pas si lointaine, obtenir une photographie de son interlocuteur/trice relevait d’un véritable défi (pour peu que votre modem en soit capable en moins de 3 heures). Ce furent pourtant les prémices des rencontres virtuelles.

Le lancement des sites de rencontres date de 1995 avec le site généraliste match.com, puis eharmony.com en 2000, embrayé par meetic.fr en 2001. D’autres suivront.

C’est en 2002 avec Myspace, puis 2004 avec Facebook, que les utilisateurs vont pouvoir faire des rencontres au sein de leurs réseaux, même si cette utilisation n’était pas la fonction première de ces sites.

En 2009, les attentes des utilisateurs évoluant, les sites se diversifient et s’orientent vers un service plus personnalisé pour se démarquer des sites généralistes.
Cette évolution marquera 3 tendances :

  • Il est alors possible de rechercher son/sa partenaire autour d’une passion commune, d’un groupe ou d’une communauté. Par exemple : droite-rencontres.com en 2009 pour des affinités politique ou geekmemore.com en 2010 pour des affinités culturelles. Mais la multiplication des offres et la course à l’originalité ne garantissent pas l’adhésion des publics visés. Quelques sites de rencontres sortent leur épingle du jeu et maintiennent une fréquentation honorable, mais plusieurs d’entre eux s’essoufflent après une certaine période de curiosité du publique et des médias. Bien évidemment, de nombreux sites de niches ouvrent dans un objectif d’enrichissement ultra rapide sans se soucier d’offrir un service de qualité à ces nouveaux utilisateurs.
  • Dans le même temps, une nouvelle tendance apparaît en France, inspiré du site canadien AshleyMadison ouvert depuis 2001. Misant sur le libertinage et le casual-dating (relations intimes consenties sans engagements), les sites Gleeden et casualdating.fr par exemple visent célibataires et personnes en couples souhaitant vivre une expérience extra-conjugale. Leurs campagnes d’affichages font scandales mais leur permettent de faire le buzz.
  • Enfin, les sites de rencontres évoluent en se rapprochant du fonctionnement des réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter. En utilisant les intérêts et les connaissances communes des utilisateurs, leur expansion connaît un net succès. On retrouve ainsi les sites Badoo en 2006 ou Zoosk en 2008.

L’utilisation des téléphones portables est de plus en plus forte. Cependant, malgré la croissance des applications mobiles, les sites de rencontres ne sautent pas vraiment le pas et ne proposent pas d’outils suffisamment adaptés.

adopteunmec

Smartphones et applis : c’est dans la poche

Pendant des années, les sites Internet se disputaient le marché. C’était encore l’époque du clavier et de la souris. Mais aujourd’hui, le mobile est omniprésent et certains entrepreneurs ont enfin compris les capacités immenses offertes par l’usage des smartphones dans ce domaine des affinités amoureuses. Pour draguer, il suffit de tapoter sur son smartphone. Les sites Happn (2014) et Tinder (2012) ont modifié la donne en offrant des applications basées sur un modèle axé sur la géolocalisation et le freemium (non payant pour une utilisation basique, payant pour une utilisation avancée) et complètement adaptées aux générations mobiles. En 2014, le trafic sur les sites pionniers (Adopteunmec.com, Meetic.fr, Gleeden.com, Edarling.fr et Attractivewolrd.net) a baissé de 30 à 70% suivant les sites, selon les estimations réalisées par Similarweb, une entreprise spécialisée dans la mesure des flux Internet.

Tout dans l’index !

Le modèle Tinder est donc une petite révolution. Dans les mœurs et son utilisation. Auparavant, 2 typologies co-existaient : les sites à “consommation” immédiate, plutôt utilisés par un public gay avec Grindr (dont Tinder s’inspire) et les sites virtuels classiques, comme évoqués précédemment avec meetic ou adopteunmec, visant des utilisateurs plutôt hétérosexuels en recherche de relations sérieuses, mais souvent perçus comme un aveu d’échec par rapport à une rencontre

Tinder est donc un nouveau concept avec une image totalement nouvelle, sans aucune gène pour une sexualité libérée. Un véritable “zapping” de la rencontre sans l’anxiété d’une rencontre sérieuse. Évidemment, rien n’empêche de mener à une relation plus sérieuse .

L’application synthétise les principaux usages du smartphone: photos, chat, géolocalisation, like, comme sur les réseaux sociaux, et la photo comme moyen d’expression quotidien.

Son fonctionnement est pourtant tellement simple : il suffit de s’inscrire via son profil facebook, on valide un profil seulement composé de son nom et d’une éventuelle brève présentation, son cursus scolaire et profession, on choisit le sexe et la tranche d’âge qui intéressent. Là, Tinder géolocalise des profils adaptés à la requête. On ne sait rien d’eux hormis les amis communs et les centres d’intérêt partagés via Facebook.

Les utilisateurs voient défiler des profils sur leurs écrans et décident de Liker s’ils sont intéressés : c’est la technique du swipe, ou glissement du doigt,  vers la droite. S’ils ne sont pas intéressés, il suffit de ne pas Liker, contre-technique du swipe vers la gauche. Les personnes que vous n’aurez pas likés ne le sauront jamais. Et lorsqu’il y a intérêt mutuel, il y a “match” entre deux personnes, l’application leur permet alors de discuter et éventuellement de fixer un rendez-vous. Son fonctionnement s’apparenterait presque à un jeu pour adulte.

D’après Sean Rand, 1,5 millions de rendez-vous sont arrangés grâce à Tinder chaque semaine. L’application compte 30 millions de matches par semaine et 9 milliards depuis son lancement.

Happn, son nouveau rival français a poussé le concept encore plus loin. L’application permet de retrouver toutes les personnes croisées sur votre route et de leur envoyer un Like si elles vous plaisent. Si le Like est réciproque, les 2 utilisateurs peuvent entamer une discussion. Une carte indique tous les endroits où vous avez croisé l’ inconnu(e), quel jour et à quelle heure.

Autre évolution majeure constatée, la parité est de mise puisqu’il y aurait autant d’utilisateurs femmes et hommes contrairement aux anciens modèles de sites de rencontres, ceux-ci devant proposer un accès payant aux hommes afin d’équilibrer la balance des utilisateurs.

Algorithmes versus Cupidon

Dans la plupart de ces applications, la géolocalisation est donc un élément majeur. Il suffit donc de déterminer un périmètre pour une première sélection des profils. Les intérêts de votre profil Facebook permettent d’effectuer des rapprochements entre utilisateurs et vous proposer ceux qui correspondent, ou plutôt qui ont les mêmes intérêts que votre profil. C’est ce que l’on nomme le matching. Et c’est ce qui a révolutionné les sites de rencontres.

Le matching est basé sur des algorithmes (appellés “love algorithms”) et permet de créer un pourcentage d’affinités. C’est lui qui, en complément de la geolocalisation, va comparer les différentes personnes inscrites et vous faire une sélection.

En se basant sur des techniques utilisées par les géants du net tels Amazon ou Netflix, elle permet de prendre en compte les recommandations effectuées par les utilisateurs, leurs goûts. Vos actions et choix auront donc un impact sur les propositions futures. A la grande différence des sites précurseurs où le nouvel inscrit répondait à une série de questions pour mettre en place son profil : pseudo, âge, poids/taille, hobbies, style de vie, couleurs de yeux et des cheveux, signes particuliers, profession, consommation alcool/tabac, type d’alimentation, goûts en matière de musiques/livres/cinéma/tv. Chacun était donc libre d’y saisir les informations qu’il souhaitait. En conséquence, les profils peuvent être imprécis, incomplets ou faux. L’activité des utilisateurs est donc le cœur des nouveaux algorithmes des sites de rencontres, celle-ci reflétant de manière plus précise leurs goûts et donc leur attractivité… ou pas.

Pour conclure, les sites de rencontres ont connu une nette évolution. Considérés un peu comme ringards il y a peu de temps, les applications de rencontres amoureuses deviendraient « presque » à la mode aujourd’hui. Les algorithmes utilisés suivent les nouvelles tendances des réseaux sociaux en combinant vos données publiées sur Facebook (Likes, recommandations, …) pour viser le plus de sincérité possible de la part des utilisateurs et éviter les déceptions du rendez-vous.
Malheureusement, pour cette étape là, il n’y a pas encore d’applications.

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